Traverser le métal pour réveiller le minéral, 2025.
Un projet imaginé dans le cadre de mon Mastère Architecture intérieure & Scénographie à l’École de Condé Nancy.
À force de les fréquenter, certains lieux deviennent invisibles.
C’est le point de départ de mon mémoire. Comment raviver des espaces devenus banals à nos yeux, à force de les avoir trop fréquentés ?
Pour moi, cet espace est Longwy, ma ville natale. J’ai grandi entourée de ses remparts, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. À force de les voir chaque jour, ils sont devenus un décor familier : un raccourci, un terrain de jeux, un souvenir d’enfance. Pourtant, derrière ces pierres se croisent deux pans essentiels de l’histoire de la ville : son patrimoine militaire et son passé sidérurgique.
Mon projet propose de changer notre manière de les regarder.
J’imagine une promenade immersive au cœur des remparts, ponctuée de six structures contemporaines, légères et réversibles. Passerelles, escaliers, espaces de pause, belvédères et lieux de rencontre viennent s’inscrire dans le paysage sans chercher à effacer l’existant.
Le choix de l’acier Corten crée un dialogue entre la pierre des fortifications et la mémoire industrielle de Longwy.
L’objectif n’est pas de reconstruire ni de figer le patrimoine, mais de le révéler. Permettre de s’approcher des pierres, de les toucher, de découvrir des points de vue oubliés, de traverser les fortifications et de rendre le parcours accessible au plus grand nombre. Une architecture pensée comme un lien entre passé, présent et avenir.
À travers ce projet, j’ai voulu interroger notre rapport aux lieux du quotidien, ces espaces que l’on finit souvent par ne plus voir. L’oubli n’est pas une fatalité : il naît d’un regard que l’on cesse de poser. Réapprendre à regarder, c’est offrir aux lieux une seconde vie, et à nous-mêmes la possibilité de renouer avec une histoire enfouie. Mon projet cherche à réveiller l’émerveillement là où il semblait perdu, à redonner vie aux remparts de Longwy. C’est aussi faire de l’architecture autrement : non pas seulement comme technique ou outil de conservation, mais également comme un langage sensible qui relie passé, présent et avenir.
Ce projet est ma manière de dire que rien n’est jamais banal, tant qu’on choisit de le regarder autrement.